« Il faut toujours être forte ! » : Et si tu redonnais de la place à ta vulnérabilité ?
Chère maman,
Combien de fois t’es-tu répétée : « Je dois tenir. Je ne peux pas craquer. Il faut que je sois forte. » ?
Ce message, « Sois forte », c’est un driver – un de ces ordres invisibles qui nous poussent à agir, souvent hérité de l’enfance, de la société, ou de notre propre histoire. Pour les mères d’enfants DYS, il est encore plus lourd. Parce qu’on te demande d’être forte pour ton enfant, forte face à l’école, forte face aux regards, forte face à toi-même.
Mais aujourd’hui, je t’invite à poser cette armure. Et si être forte, c’était aussi savoir s’autoriser à être fragile ?
Le piège du « Sois forte »
D’où vient ce message ?
- De l’éducation : « Une mère ne craque pas. »
- De la société : « Tu es son rocher, son pilier. »
- De toi-même : « Si je lâche, tout va s’écrouler. »
Pourtant, ce « Sois forte » est un piège. Il te fait croire que ta valeur dépend de ta capacité à tout porter, tout gérer, tout anticiper. Résultat ? Tu t’épuises. Tu cours après une image de la mère parfaite, alors que ton enfant a surtout besoin d’une mère présente – pas d’une super-héroïne.
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La charge mentale : ce sac invisible que tu portes
Imagine que tu marches avec un sac à dos rempli de pierres. Chaque pierre représente une tâche, une inquiétude, une décision à prendre :
- « Il faut que je contacte l’orthophoniste. »
- « Je dois préparer le dossier MDPH. »
- « Et si l’école ne comprend pas ? »
Ce sac, c’est ta charge mentale. Et plus tu veux « être forte », plus tu ajoutes de pierres, jusqu’à ce que ton dos craque.
La vérité ? Personne ne te demande de porter ce sac seule. Mais pour le poser, il faut d’abord accepter que tu as le droit d’être vulnérable.
La vulnérabilité n’est pas une faiblesse
Brené Brown, chercheuse en sciences humaines et sociales, dit : « La vulnérabilité, c’est le berceau de l’innovation, de la créativité et du changement. » En d’autres termes, oser montrer tes doutes, tes peurs, tes limites, c’est ce qui te permet de trouver des solutions.
- Pour ton enfant : Quand tu lui montres que toi aussi, tu as des moments de fatigue ou de découragement, tu lui apprends que les émotions sont normales. Tu lui donnes la permission d’être lui-même, sans masque.
- Pour toi : En reconnaissant ta vulnérabilité, tu brises l’isolement. Tu permets aux autres de t’aider, de te soutenir, de te dire : « Je vois à quel point c’est difficile. Comment puis-je t’alléger ? »
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Gérer ton énergie, pas seulement ton temps
On parle souvent de « gestion du temps ». Mais le vrai défi pour les parents DYS, c’est la gestion de l’énergie.

3 pistes pour reprendre ton souffle :
- Le « temps mort » n’existe pas
- Un thé bu en silence, 5 minutes à regarder le ciel, une respiration profonde dans les toilettes (oui, ça compte !). Ces micro-pauses sont des bouffées d’oxygène pour ton âme.
- Déléguer, c’est un acte d’amour
- « Personne ne fera aussi bien que moi. » Vraiment ? Et si tu laissais ton conjoint, ta famille, ou un professionnel prendre le relais sur une tâche ? Ce n’est pas de l’abandon, c’est de la confiance.
- Le « non » comme outil de survie
- « Non, je ne peux pas m’occuper de ça aujourd’hui. » « Non, je ne serai pas disponible ce week-end. » Chaque « non » est un « oui » à ton équilibre.
Prendre du temps pour soi : un luxe ou une nécessité ?
Je t’entends déjà : « Mais Magali, je n’ai pas le temps ! » Pourtant, prendre soin de toi n’est pas égoïste, c’est essentiel.
- Pourquoi ? Parce qu’un enfant DYS a besoin d’une maman ressourcée, pas d’une maman à bout de forces.
- Comment ? Commence petit :
- Un bain parfumé le soir.
- Un carnet pour écrire tes pensées.
- Une activité qui te fait du bien (danse, peinture, marche…).
Ton enfant mérite une mère épanouie. Pas une mère qui s’oublie.

Et si tu osais demander de l’aide ?
La vulnérabilité, c’est aussi savoir tendre la main.
- À qui ?
- Aux autres parents DYS (les groupes Facebook, les associations sont des mines d’or).
- Aux professionnels (psychologues, coachs, thérapeutes).
- À ton entourage (un ami pour écouter, un membre de la famille pour garder ton enfant 1h).
Un dernier mot…
Chère maman, tu as le droit d’être fatiguée. Tu as le droit de pleurer. Tu as le droit de dire « Je n’en peux plus. » Ta force ne se mesure pas à ta capacité à tout supporter, mais à ton courage de te montrer telle que tu es.
Alors aujourd’hui, je t’invite à faire une chose :
Pose une pierre hors de ton sac. Juste une. Et respire.
Et toi, quelle pierre vas-tu poser aujourd’hui ?
Partage ton expérience en commentaires.
Avec toute ma tendresse,
Magali, ta Madame Dys
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