Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent

Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent

Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent.

C’est une phrase que l’on ne prononce jamais à voix haute. Elle est trop dure, trop cruelle, et surtout, elle va à l’encontre de tout ce que l’on ressent pour notre enfant. Et pourtant, au milieu d’une soirée de devoirs qui s’éternise, d’un bulletin scolaire qui ne reflète pas tous les efforts, ou face à une simple consigne qui devient une montagne infranchissable, cette petite pensée insidieuse peut s’installer dans notre esprit de maman.

« Est-ce que c’est moi qui me trompe ? Ou bien est-ce que mon enfant a réellement plus de difficultés que les autres ? »

Vous êtes-vous déjà sentie coupable d’avoir ressenti ce doute ? Si oui, cet article est fait pour vous. Je ne suis pas là pour vous juger, mais pour vous aider à déconstruire cette croyance et à retrouver une perspective plus juste et bienveillante.

Car l’intelligence ne se mesure pas au nombre de bonnes notes. L’intelligence ne se résume pas à la vitesse de lecture ou à la capacité à faire des opérations mathématiques. L’intelligence est bien plus vaste et bien plus riche, surtout chez nos enfants DYS.

Alors, respirez. Oubliez la culpabilité. Et préparez-vous à changer votre regard sur ce que l’intelligence signifie vraiment.

Pourquoi on doute de l’intelligence de son enfant DYS ?

« Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent. » C’est une phrase dure, une croyance qui peut nous traverser l’esprit au milieu d’une journée épuisante. Vous êtes-vous déjà sentie coupable d’avoir pensé, ne serait-ce qu’une seconde, que votre enfant a moins de capacités que les autres ? Si oui, rassurez-vous, vous n’êtes pas seule. Cette pensée n’est pas le reflet d’un manque d’amour, mais plutôt l’écho de plusieurs réalités que vous vivez au quotidien.

La déconnexion entre le potentiel et la performance scolaire

Nous vivons dans une société qui mesure l’intelligence à l’aune des notes et des diplômes. Pour un enfant neurotypique, il y a souvent une certaine logique : un travail acharné mène à de bons résultats.  Pour nos enfants DYS, cette équation est brisée. Vous voyez leur incroyable potentiel : leur imagination débordante, leur capacité à résoudre des problèmes complexes d’une manière inattendue, leur curiosité insatiable. Et pourtant, quand vous ouvrez leur carnet de notes, la réalité est tout autre. Les mathématiques qu’ils adorent sont une source de stress à cause de la dyscalculie. Les histoires qu’ils inventent ne se traduisent pas en une rédaction bien notée à cause de la dysorthographie. Le décalage entre leur richesse intérieure et la performance scolaire attendue est souvent une source de frustration immense.

Le poids des commentaires extérieurs

Un autre facteur qui pèse lourdement sur cette croyance sont les commentaires, parfois maladroits, parfois blessants, de l’entourage. Les évaluations trimestrielles qui mettent en lumière les difficultés plutôt que les forces. La remarque de l’enseignant, souvent bien intentionnée, « il pourrait y arriver s’il faisait un effort ». Ces mots, entendus et répétés, finissent par créer un écho dans notre propre tête. Ils nous font douter de notre enfant et, par extension, de nous-mêmes. On se demande alors si on a raté quelque chose, si on n’a pas su déceler la « vraie » difficulté.

L’épuisement face aux tâches simples

Enfin, l’épuisement quotidien face à des tâches qui nous semblent « simples » peut nous faire vaciller. Faire les devoirs, lire une consigne, ou même s’habiller peut devenir une bataille. Vous avez l’impression de répéter les mêmes choses inlassablement, de voir votre enfant se décourager pour des choses qui vous paraissent triviales. Cette répétition de l’échec perçu, tant pour vous que pour lui, peut nous amener à associer involontairement cette difficulté à un manque d’intelligence, alors qu’il s’agit simplement d’un fonctionnement neurologique différent. C’est un raccourci mental que l’on fait pour survivre à la fatigue et à la déception, mais qui, à terme, risque de faire plus de mal que de bien.

Intelligences multiples : le super-pouvoir des enfants DYS

Si l’intelligence se mesurait uniquement au nombre de bonnes notes et à la rapidité d’exécution d’un devoir, nous pourrions conclure que nos enfants DYS ne « rentrent pas dans la case ». Mais qu’est-ce que l’intelligence, au fond ? Est-ce que ce mot, si lourd de sens, se résume à une moyenne générale ?

La réponse est non, bien sûr que non. 

Pendant des décennies, on a associé l’intelligence au Quotient Intellectuel (QI), qui mesure surtout les capacités logico-mathématiques et verbales. C’est le type d’intelligence que l’école valorise le plus. Mais heureusement, les chercheurs et les pédagogues ont élargi notre vision.

La théorie la plus connue et la plus libératrice est celle des intelligences multiples, développée par le psychologue Howard Gardner. Selon lui, il n’existe pas une, mais plusieurs formes d’intelligence, toutes aussi valables les unes que les autres.

Pour Gardner, un être humain possède :

  • L’intelligence verbale et linguistique : la capacité à s’exprimer, à jouer avec les mots, à écrire et à lire. C’est souvent là que les enfants DYS rencontrent des difficultés.
  • L’intelligence logico-mathématique : la capacité à raisonner, à calculer, à résoudre des problèmes abstraits.
  • L’intelligence spatiale : la capacité à se représenter le monde en trois dimensions, à penser en images, à s’orienter. C’est un point fort chez de nombreux enfants DYS ! Ils sont souvent excellents en dessin, en construction, ou pour s’imaginer des univers complexes.
  • L’intelligence musicale : la sensibilité au rythme et à la musique.
  • L’intelligence kinesthésique : la capacité à utiliser son corps, à coordonner ses mouvements. Pensez aux athlètes, aux danseurs, mais aussi à la dextérité manuelle pour construire des choses.
  • L’intelligence intrapersonnelle : la capacité à bien se connaître, à comprendre ses émotions et ses motivations.
  • L’intelligence interpersonnelle : la capacité à comprendre les autres, à interagir et à communiquer avec eux.
  • L’intelligence naturaliste : la capacité d’apprécier, de reconnaître, de classer, de hiérarchiser ce qui est en rapport avec le vivant et la matière.

Ce qui peut paraître comme une faiblesse dans une forme d’intelligence (la linguistique, par exemple) est souvent compensé par une force incroyable dans une autre. Vos enfants ne sont pas moins intelligents ; leur intelligence est simplement câblée différemment.

La dyspraxie peut rendre l’écriture difficile, mais la pensée visuelle qui l’accompagne peut se révéler être un superpouvoir pour la créativité ou l’ingénierie. La dyslexie complique la lecture, mais la pensée en arborescence qui en découle peut permettre de faire des liens que personne d’autre ne voit.

Comprendre cela, c’est se libérer de la pression de la « norme » scolaire pour embrasser la richesse de la pensée DYS. Ce n’est pas un handicap, c’est une différence qui, une fois acceptée et valorisée, devient une force inestimable.

Alors, la prochaine fois que vous doutez, demandez-vous non pas « Est-ce que mon enfant est intelligent ? », mais plutôt « Dans quels domaines son intelligence s’exprime-t-elle le mieux ? » La réponse pourrait bien vous surprendre.

Comment se défaire de la croyance et ne pas la transmettre à nos enfants ?

Vous avez fait la moitié du chemin. Vous avez compris pourquoi cette croyance s’est installée en vous et, surtout, vous avez saisi que l’intelligence de votre enfant va bien au-delà de la vision scolaire. Il est temps maintenant de passer à l’action pour changer votre propre perspective et, par conséquent, celle de votre enfant.

Changez votre regard pour valoriser les forces

La première étape est la plus difficile : il s’agit de changer le filtre à travers lequel vous regardez votre enfant. Au lieu de voir ce qui ne fonctionne pas (« il n’arrive pas à lire un mot simple »), concentrez-vous sur ses super-pouvoirs. Demandez-vous :

  • Qu’est-ce qu’il fait mieux que les autres ?
  • Qu’est-ce qui le passionne et dans quoi s’investit-il avec beaucoup d’énergie ?
  • Quelle qualité a-t-il développée grâce à ses défis (persévérance, créativité, capacité à s’adapter…) ?

Faites une liste de ses talents : est-il un as de la construction en Lego, un magicien du dessin, un passionné des animaux, ou un excellent orateur quand il raconte une histoire ? Célébrez ces réussites avec la même ferveur que vous célébreriez un 20 en mathématiques.

Redéfinissez le succès

Le succès ne se résume pas à un bulletin scolaire parfait. Il est temps de déconnecter la réussite de l’école. Le véritable succès, c’est de voir votre enfant heureux, épanoui et confiant en ses capacités. Célébrez chaque petite victoire : un livre lu sans difficulté, un effort soutenu pendant les devoirs, une idée lumineuse qu’il a eue.

Au lieu de demander « Tu as eu combien à ton contrôle ? », essayez plutôt « Comment s’est passée ta journée ? Qu’as-tu appris de nouveau ? » ou « Qu’est-ce qui t’a rendu fier de toi aujourd’hui ? ».

Utilisez des mots qui construisent et non qui détruisent

Les mots que vous choisissez ont un impact immense. Vous ne le réalisez peut-être pas, mais « Tu es vraiment intelligent » est une pression. Mieux vaut valoriser l’effort et la démarche :

  • Au lieu de « Tu n’y arriveras jamais, c’est trop dur », dites « Je sais que c’est un défi pour toi, mais on va le faire ensemble ».
  • Au lieu de « Tu ne fais pas d’efforts », dites « Je vois que tu t’es investi dans cette tâche. Le résultat n’est pas celui que tu espérais, mais ton travail mérite d’être félicité ».
  • Valorisez la pensée DYS : « Tu as une façon très originale de penser à ce problème, c’est génial. »

En cultivant la conscience des intelligences multiples, vous donnez à votre enfant la permission d’être lui-même, de s’épanouir dans ses passions et de comprendre que sa valeur ne se mesure pas à la norme. Votre rôle n’est pas de le « réparer » pour qu’il rentre dans un moule, mais de l’aider à grandir en tant qu’individu unique, avec des forces uniques.

La prochaine fois que vous sentez le doute s’installer, souvenez-vous que votre enfant n’est pas : « DYS et pas intelligent ». Il est DYS et incroyablement intelligent à sa manière. C’est en cultivant cette certitude en vous que vous l’aiderez à se construire une estime de soi solide et à devenir l’adulte épanoui qu’il est destiné à être.

Conclusion : Embrasser l’intelligence DYS et passer à l’action

Nous avons commencé cet article avec une question qui pèse lourdement sur le cœur des parents : « Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent ? » Nous avons vu que cette croyance ne naît pas d’un manque d’amour, mais de la frustration face aux résultats scolaires, du poids des jugements extérieurs et de la fatigue du quotidien.

Nous avons ensuite déconstruit l’idée d’une intelligence unique en abordant la théorie des intelligences multiples. Votre enfant n’est pas « moins » intelligent ; il est différemment intelligent. Son cerveau, câblé de manière unique, est capable de créer, d’imaginer, de résoudre des problèmes et de percevoir le monde d’une façon que les autres ne peuvent pas.

Le plus grand cadeau que vous puissiez offrir à votre enfant n’est pas de le pousser à s’adapter à un système qui ne lui correspond pas, mais de l’aider à s’épanouir dans ses propres forces. En changeant votre regard, en valorisant ses talents au-delà des notes et en utilisant des mots qui construisent son estime de soi, vous lui transmettez le message le plus important : « Tu as une valeur inestimable, et ton intelligence est une richesse. »

Il est temps de laisser de côté le bulletin de notes pour embrasser la richesse de son esprit. C’est en faisant cela que vous l’aiderez à devenir un adulte épanoui, capable de s’élever au-dessus des défis et de s’appuyer sur ses super-pouvoirs DYS.

Allez plus loin : Découvrez les talents cachés de votre enfant ou les vôtres

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10 réponses à “Mon enfant est DYS, donc il n’est pas intelligent”

    • Merci beaucoup, Marlène ! Je suis ravie que l’article ait trouvé un écho auprès de toi.
      Il est vrai que le concept d’intelligence est souvent réduit au seul cadre scolaire, ce qui nous fait passer à côté de pépites de talents et de fonctionnements différents. Mon objectif était justement de mettre en lumière ces aspects méconnus de la pensée DYS. 💡

  1. Merci pour cet article nécessaire. Il est important de rappeler que les enfants “dys” ne sont pas moins intelligents, mais qu’ils apprennent autrement. Ton témoignage met bien en lumière ce décalage entre les étiquettes qu’on leur colle et leur véritable potentiel.

    • Merci beaucoup, Aurélia, pour ces mots qui résument parfaitement l’intention de l’article !
      Tu touches au cœur du sujet : l’importance de remplacer l’idée de « moins intelligent » par celle de « différemment intelligent ». C’est précisément ce décalage entre le cadre rigide de l’évaluation scolaire (les étiquettes) et leur véritable potentiel qui est si frustrant pour les parents et si destructeur pour l’estime de soi de l’enfant.
      En comprenant qu’ils apprennent autrement, nous pouvons arrêter de les pousser à entrer dans un moule et commencer à leur offrir les outils qui correspondent à leur mode de pensée unique.
      Ton soutien et ce rappel essentiel sont très appréciés !🎗️

  2. Mais tellement ! Se rendre compte que les enfants en difficulté reçoivent plus de commentaires désagréables que les autres est un premier pas pour changer les choses.
    L’impact sur la confiance en soi n’est pas à négliger, alors même qu’ils en ont encore plus besoin…
    Merci de le montrer sous l’angle des forces, plutôt !

    • Merci infiniment Coralie pour ce commentaire si juste. Tu mets le doigt sur la double peine que subissent ces enfants : non seulement ils luttent plus fort pour des tâches « simples », mais ils reçoivent en plus une quantité disproportionnée de commentaires négatifs qui viennent éroder leur confiance en soi !
      C’est pourquoi il est vital, en tant que parents ou éducateurs, de basculer vers l’angle des forces : c’est la seule manière de leur offrir le socle de confiance dont ils ont désespérément besoin pour persévérer.
      En célébrant leurs réussites et leurs talents DYS uniques, nous neutralisons le poids des critiques. Continuons ensemble à valoriser ces super-pouvoirs ! 💪

  3. Merci Magali de défendre la notion d’intelligences multiples, après le règne plombant des tests de QI. Et merci d’aller plus loin en expliquant que c’est le fait de valoriser l’estime de soi qui permet à l’enfant de grandir à son plein potentiel.

    • Merci beaucoup, Eva, pour cette lecture si précise !
      Tu as tout à fait saisi l’articulation entre ces deux idées fondamentales. La théorie des intelligences multiples est nécessaire pour déconstruire l’ancien modèle (le règne du QI), mais elle n’est pas suffisante. C’est l’étape suivante, celle de la valorisation active de ces forces uniques, qui est le véritable levier.
      L’estime de soi est le moteur invisible ! C’est en cultivant la confiance de l’enfant dans ses propres intelligences (visuelle, spatiale, kinesthésique, etc.) que nous lui permettons de s’épanouir et d’atteindre son plein potentiel, bien au-delà des notes.
      Ton commentaire est un excellent résumé de l’impact que j’espère avoir à travers mon blog. Merci de ton soutien ! 🙏

  4. Ah, les intelligences multiples, ce devrait être enseigné à tous les enseignants. On ne se rend pas compte parfois qu’apprendre et mémoriser peut se faire en marchant, en bougeant, en dessinant, en inventant une chanson…
    Merci pour ce blog d’utilité publique!

    • Merci Caroline pour ton commentaire !
      Tu mets le doigt sur la nécessité d’une véritable révolution pédagogique pour intégrer les intelligences multiples dans le système scolaire.
      Tu as raison : pour les enfants DYS, apprendre n’est pas forcément synonyme d’être assis et d’écouter. C’est souvent en bougeant (intelligence kinesthésique), en dessinant (intelligence spatiale) ou en chantant (intelligence musicale) qu’ils trouvent les clés de la mémorisation et de la compréhension.
      C’est en partageant et en normalisant ces méthodes que l’on transforme les difficultés en stratégies d’apprentissage efficaces.
      Merci de considérer mon blog comme d’utilité publique, c’est très encourageant ! 😊

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